Prévenir les risques de décrochage et de retard scolaires : deux établissements de l’Afeji Hauts-de-France expérimentent de nouvelles approches

Lutte contre le décrochage scolaire AFEJI Hauts-de-France

Le SESSAD l’Escale – le Service d’Education Spéciale et de Soins à Domicile basé à Armentières, et le CMPP Henri Wallon – le Centre Médio-Psycho-Pédagogique situé à Roubaix, inscrivent tous deux leurs actions dans le cadre du projet VRAC, programme européen de développement régional Interreg 2 mers.

« VRAC »  tire son nom du proverbe – It takes a Village to Raise A Child

«  Il faut tout un village pour élever un enfant » explique Sébastien Leroy, éducateur spécialisé au SESSAD. Cet acronyme traduit l’esprit avec lequel les initiatives pour prévenir le risque de décrochage et de retard scolaires pour les enfants vulnérables se mettent en place dans ce contexte de crise sanitaire ô combien propice.

Le CMPP mène ses actions auprès d’enfants de 6 à 16 ans, avec la contribution d’un réseau de partenaires proche de l’environnement de l’enfant (école, collège, ludothèque, mairie, club de prévention etc.). « Faire appel à un psychologue lorsqu’un enfant rencontre des difficultés scolaires n’est pas évident pour toutes les familles » témoigne Adrien Lefebvre, assistant de service social. Le mal-être d’un jeune en situation de décrochage scolaire est pourtant au cœur de cette problématique.

30 enfants inscrits dans ce dispositif innovant.

Des premiers signes, comme les troubles du comportement d’un élève ou son addiction aux jeux vidéo, par exemple, apparaissent souvent comme les prémices d’un décrochage annoncé. Ainsi «alertée », l’équipe du CMPP n’envisage pas une solution toute faite, mais de construire avec et autour de l’enfant, « le mouvement qui apporte du mieux » selon la formule de Jean SIbeud, psychiatre du centre. Trente enfants sont pour l’heure inscrits dans ce dispositif innovant.

Pour les professionnels du SESSAD, VRAC offre la possibilité d’agir avant l’admission des enfants dans le service.  Cette solution est précieuse quand on sait que la liste d’attente est de plus de deux ans et demi. Pour lutter contre le décrochage et le retard scolaire pendant cette période incertaine, « l’accompagnement éducatif vise à l’inclusion scolaire et sociale et au mieux-être des élèves dans leur parcours » précise Stéphanie Jonville, chef de service.

Là encore, les enfants et leurs familles bénéficient d’un accompagnement personnalisé, après une évaluation complète de ses besoins. Il se construit avec le support de partenaires aux compétences diversifiées comme des ergothérapeutes, neuropédiatres, orthophonistes, clubs sportifs, et bien sûr les établissements scolaires.

D’une durée de trois mois renouvelable, les actions peuvent aussi bien concerner des objectifs de valorisation de l’enfant ou du développement de sa confiance en lui, qu’un travail de lien entre l’école, la famille et les partenaires pour éviter des incompréhensions ou encore favoriser l’accès à des soins, à des loisirs et à des dispositifs de droit commun.

Pour Christian Calonne, le directeur du SESSAD, et Christophe Helleboid, le directeur du CMPP, « VRAC permet d’aller au-delà de ce que nous pouvions connaître comme dispositif et d’aborder d’autres manières de fonctionner ». Tous deux soulignent la qualité de la coopération des équipes des deux établissements qui durera jusqu’en 2023. Elles porteront alors un ensemble de recommandations pour faire évoluer durablement les pratiques.

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